L’association

La création du Comité Permanent des Fêtes d'Arles.

C’est à l’initiative de la municipalité de Monsieur Pierre Fulcran Morizot, élue en 1919, que se constitue l’ébauche de ce qui va devenir le Comité Permanent des Fêtes d’Arles. Plusieurs conseillers municipaux sont désignés d’office comme membres, s’y ajoute aussi une liste de notables qui seront plus tard à l’origine de la création de l’association. Cependant, deux personnes sortent du lot, Marius Fayard et Nicolas Crouanson. Le premier est un félibre, ancien combattant, alors conseiller municipal. C’est lui qui réintroduira à Arles la pratique du galoubet-tambourin, qui avait été abandonnée depuis la fin du 19ème siècle. Il fondera la société tambourinaire Li Cigaloun Arlaten, dont il assumera la présidence jusqu’à sa mort, étant devenu l’une des principales personnalités des milieux folkloriques provençaux.

Mais c’est Nicolas Crouanson qui mènera une action déterminante dans la création et les premiers pas du Comité Permanent des Fêtes d’Arles, dont il prendra la présidence. Journaliste à Marseille, puis commerçant dans notre ville où il fut aussi adjoint au maire, dans la municipalité d’Honoré Nicolas.

C’est en 1923 qui furent organisées les premières « Grandes Fêtes d’Arles » les 29,30 juin, 1er et 2 juillet, sous la présidence d’honneur de la veuve de Frédéric Mistral. Après un « Festival artistique » programmé le vendredi, sur le kiosque à musique avec la participation du ténor arlésien Valentin Jaume, les réjouissance commencèrent le samedi soir par une « Fête de nuit » animé par un corso, des illuminations, un défilé de fanfares : on peut y voir les prémices de ce qui deviendra plus tard la Pegoulado.

Le dimanche 1er juillet se déroula la première Fête du Costume, dont l’origine est double. Il faut y voir, bien sûr, un rappel des Fèsto Vierginenco mistraliennes, interrompues à Arles pour être reprises aux Saintes Marie de la Mer par la Nacioun Gardiano. Mais une autre origine, assez particulière, s’avère manifestement plus importante dans cette création. L’initiative en revient au Touring Club de France, qui organisait plusieurs « Fêtes du Costume » sur le territoire français afin de rendre hommage aux plus prestigieuses des tenues locales de nos terroirs. Ainsi, la Fête du Costume n’a pas une origine spécifiquement arlésienne. Cette célébration s’est pérénnisée ici dans un contexte particulièrement favorable, alors qu’elle a été abandonnée ailleurs.

Le Comité Permanent des Fêtes d’Arles, déjà ébauché depuis plusieurs années, fut offciellement crée en association indépendante, ses statuts étant déposés en sous-préfécture le 24 mars 1924. Dès lors, il pouvait poursuivre la mission qu’il s’était donnée.On peut dire que les premières Fêtes d’Arles de 1923 contiennent déjà une grande part des activités à venir de l’association : culture provençale, spectacles divers, art lyrique…

Le Comité Permanent des Fêtes d'Arles durant l'entre-deux guerres.

C’est en novembre 1927 que Nicolas Crouanson propose d’organiser lors des prochaines Fêtes d’Arles, une grande course camarguaise que l’on appellera La Cocarde d’Or.

La Cocarde d'Or
Il s’agissait alors de la première compétition de ce genre, à une époque où la tauromachie locale n’était ni organisée ni structurée. Le concours devait être ouvert aux grands razeteurs du moment, qui gagneraient ainsi un trophée appelé Cocarde d’Or.
Rédigé par Nicolas Crouanson lui-même, le règlement de la Cocarde d’Or semble avoir été le premier en la matière dans ce que l’on appelait alors « la course libre », c’est à dire sans aucune organisation ni statut. La Cocarde d’Or constitue donc le premier pas vers une officialisation intervenue plus tard, puisque sa version définitive date de 1975, avec la création de la Fédération Française de la Course Camarguaise.
La création du titre Reine d'Arles

C’est dans le cadre des célébrations du centenaire de la naissance de Frédéric Mistral, en 1930, qu’est attribué pour la première fois le titre de Reine d’Arles. Cette coïncidence n’est pas fortuite puisque l’on s’inspire pour cela d’un titre existant déjà au sein du Félibrige depuis 1878 : celui de sa Reine. Organisant un concours littéraire appelé « Jeux Floraux » qui couronne tous les sept ans un auteur, poète ou prosateur écrivant dans un parler d’oc, le Félibrige avait décidé que ce lauréat nommerait la « Reine d’un jour », laquelle se transforma peu à peu en « Reine du Félibrige ». 

Le 3 avril 1930, le jury constitué entre autres par Joseph d’Arbaud, Léo Lelée, le peintre José Gibert et Pauline Véran dite Vérania, choisit la première Reine d’Arles parmi une cinquantaine de candidates. C’est Angèle Vernet (1910-1998) qui fut élue. Intronisée lors des fêtes du centenaire mistralien, Angèle Vernet garda son titre durant de nombreuses années. Non seulement parce qu’aucune durée de mandat n’avait alors été prévue, mais aussi à cause de l’éclatement de la Seconde Guerre Mondiale. 

Le Comité Permanent des Fêtes d'Arles de l'après Seconde Guerre Mondiale

C’est le 27 avril 1947, qu’eut lieu l’élection de la deuxième Reine d’Arles.

Une nouvelle Reine d'Arles : Maryse Orgeas

Le jury était présidé par Léo Lelée et composé d’Angèle Vernet, de la Reine du Félibrige Yolande Coste, de la poétesse Germaine Bissière, du peintre André Spitz et du maire d’Arles, Cyprien Pilol. Parmi encore une cinquantaine de candidates c’est Maryse Orgeas (1922-2005) qui fut élue. Dès cette époque, il n’était plus envisageable de prévoir un mandat aussi long que celui d’Angèle Vernet. Il va donc donc se réduire de manière progressive. Maryse Orgeas garda tout d’abord son titre pendant sept ans, de 1947 à 1954, on rappellera que la Reine du Félibrige est toujours choisie pour sept ans. Mais à partir d’Henriette Bon (1958), il sera ensuite ramené à quatre ans, et cela jusqu’en 1981. 

La création des Rencontres Internationales de la Photographie

Devenu l’un des évènements majeurs de la photographie mondiale, beaucoup ignorent que les Rencontres de la Photographie sont en fait une émanation du Comité Permanent des Fêtes d’Arles présidé alors par Marcel Roman (1970-1972), puis Paul Geniet (1972-1977). Cette manifestation joua un rôle prépondérant pour révéler la création photographique à une période où elle était encore ignorée du grand public et des médias. Dès sa création, elle afficha une ambition internationale.

Devenant de plus en plus importantes, les Rencontres Internationales de la Photographie ne pouvaient que prendre leur indépendance par rapport au Comité Permanent des Fêtes d’Arles. Ce fut le cas en 1976, avec la création d’une association distincte. Mais l’importance du Comité Permanent des Fêtes d’Arles dans cette création n’en fut pas moins déterminante. 

Développement des usages liés à la Reine d'Arles et à ses Demoiselles d'Honneur

Au fur et à mesure que les Reines d’Arles se succèdent après la fin du mndat de Maryse Orgeas (1954), l’importance de ce titre au sein du monde de la tradition arlésienne et camarguaise devient de plus en plus importante. A titre d’exemple, elles participent aux réceptions des chefs d’états et souverains visitant la ville. Les trois premières à le faire furent successivement Henriette Bon pour Nikita Khrouchtchev (27 mars 1960) et le Général de Gaulle (10 novembre 1961), Myriam Yonnet pour la Reine Elizabeth II d’Angleterre et le Duc d’Edimbourg (17 mai 1972), puis Elisabeth Ferriol pour le Shab d’Iran (28 juin 1974).

Odile Pascal sera la première Reine à voir son mandat réduit, n’étant désormais que de trois ans. En effet, au fu et à mesure que la fonction et les attributions de la Reine d’Arles ont pris de l’importance, les charges qui lui incombent sont de plus en plus prenantes pour une jeune fille, même secondée par des Demoiselles d’Honneur. De plus, les connaissances exigées pour l’obtention de ce titre deviennent de plus en plus rudes : histoire du costume et de la ville, compétences en langue provencales, connaissance de l’équitation et des tauromachies camarguaises et espagnoles… Devant la difficulté de choisir la bonne candidate, le jury qui ne se réunissait initialement que le matin de l’élection, siège en deux séances distinctes à partir de 1999 (élection d’Aurore Guibaud).  Le week-end précédent l’élection, sont tout d’abord choisies celles qui constitueront le nouveau règne. Cela permet de consacrer la session suivante, le matin de l’élection, au choix de la futur Reine d’Arles. 

A partir de 2002, le titre de Première Demoiselle d’Honneur est supprimé. 

Avec le développement des sorties officielles et prestations de la Reine et de ses Demoiselles d’Honneur sur l’ensemble du Pays d’Arles et de ses alentours, ces déplacements sont devenus de plus en plus onéreux. A partir de 2007 sur une idée de Nathalie Chay (2005-2008), un calendrier de la reine d’Arles et de ses demoiselles d’honneur est édité. Le bénéfice de la vente permet désormais de financer en partie ces nouveaux frais. 

Les autres initiatives du Comité Permanent des Fêtes d'Arles

D’autres initiatives ont contribué à enrichir ses activités. Certaines ont perduré jusqu’à nos jours, alors que d’autres ont été plus éphémères. 

Inspirée de l’ancienne course de chevaux organisée depuis 1529 par la Confrérie des Gardians, mais abandonnées depuis 1954, le Comité Permanent des Fêtes d’Arles instaure en 1978 la Course de Satin, ouverte au cheval Camargue et aux gardians, toujours programmée depuis. 

Dans les années 80, de nombreux stages sont parallèlement organisés, de manière plus ou moins éphémère : danse, dentelle, artisanat, histoire du cinéma, cuisine provençale…

A partir de 1994, le Comité Permanent des Fêtes d’Arles organise la cérémonie des Feux de la Saint-Jean. Importée en Provence depuis 1981, cette tradition est ainsi adoptée à Arles. De nombreux villages des environs y viennent à leur tour chercher la flamme, afin d’allumer leur propre feu. 

Le comité organise depuis 2001, un Forum Lyrique International d’Arles permettant à de jeunes talents de s’exprimer et de commencer leur carrière en se présentant devant un jury qui récompense les plus méritants… Tout cela fait référence à une autre tradition culturelle arlésienne puisque la Présidente d’alors, Valentine Thibon, n’est autre que la petite-fille d’un grand ténor français, l’arlésien Valentin Jaume. 

La création de la Cérémonie de Prise de Coiffe Li Mireieto

L’ultime point fort de l’activité du Comité des Fêtes est la création en 2010, de la cérémonie de Prise de Coiffe Li Mireieto; Caroline Serre étant alors la Reine d’Arles en titre et Jean-Jacques Jonin, le Président en exercice. Cette manifestation se veut l’équivalent pour les petites filles de ce qu’est depuis 1904 la Festo Vierginenco de leurs ainées lorsque celles-ci commençent à porter le ruban. Après avoir participer à différents ateliers d’initiations, les petites filles, accompagnées de leur marraine et/ou parrain, portent pourla première fois de manière officielle la cravate lors d’une cérémonie se déroulant le deuxième dimanche du mois de décembre. Elles sont tour à tourn présentées aux personnalités et aux public. De manière symbolique, elles jettent la coiffe en bonnet (symbolisant la petite enfance). Le nom de chaque Mireieto est inscrit pour la postérité sur un registre déposé au Museon Arlaten, qui a pour nom Lou Cartabeù. Le succès de cette initiative a été si grand que s’il n’était pas prévu initialement de la répéter chaque année, cela a été le cas depuis.